Numéro spécial : Low-tech et Enjeux écologiques

Revues

Date de parution : 01.09.2020
Auteurs.trices : Coordination : Dominique Bourg, François Jarrige et Christophe Abrassart
Média / Organisation : La Pensée Écologique
Langue : Français

Payant

Résumé des dix articles payants et téléchargeables sur la plateforme cairn.info via le lien en bas de page :

Article 1 : Quelles techniques pour l’agriculture écologique ? Par Matthieu Calame (Directeur FPH) et Christian Mouchet (Professeur émérite Agrocampus-Ouest)

Résumé : L’industrialisation des activités humaines repose sur l’automatisation des fonctions, donnant aux machines-outils un rôle central. Leur acquisition, la maximisation de leur usage et leur entretien reconfigurent la production en subordonnant les autres acteurs et facteurs au service de la machine. L’agriculture en offre un exemple éclairant. Dans un premier temps l’introduction des machines conduit à une reconfiguration de l’espace – le remembrement – du travail – spécialisation des agriculteurs et des territoires. Dans un deuxième temps les espèces domestiques sont-elles mêmes sélectionnées pour s’adapter à la machine et les chaînes de valeur sont reconfigurées par une hyperspécialisation en bassins de production parfois planétaires. La comparaison entre système d’élevage à l’herbe et système d’élevage à base de maïs ensilage – ce dernier impliquant matériel lourd, génétique oligopolistique, importation de soja et développement d’infrastructures portuaires – illustre deux voies agronomiques, une voie Low-Tech plus autonome et une voie high-tech. Ces deux voies présentent également deux conceptions différentes de la performance. Le coût élevé des High Tech et la nécessité économique de retour sur investissement conduit systématiquement à sacrifier les composantes écologiques, territoriales et humaines. Mais si la High-Tech semble incompatible avec le développement d’une agriculture écologique, l’adoption de Low-Tech ne suffit pas. Un espace hyperconcurrentiel dérégulé conduit à une insécurité économique des acteurs qui favorise les comportements prédateurs. L’adoption de pratiques et de techniques au service d’une agriculture écologique est inséparable de la mise en place des régulations appropriées. L’histoire agricole, que ce soit en matière de foncier, d’eau, ou de ressources biologiques en présente de nombreux exemples.

Article 2 : L’Atelier Paysan ou les Low tech au service de la souveraineté technologique des paysans. Entretien réalisé en janvier 2020 par François Jarrige avec Fabrice Clerc, cofondateur et cogérant de l’Atelier Paysan

Résumé : Parmi les nombreuses initiatives qui fleurissent aujourd’hui autour des low-tech, la coopérative l’Atelier Paysan, située en Isère, constitue une expérience particulièrement riche et intéressante. Alors que le grand machinisme agricole s’étend en accentuant la concentration des terres et les destructions de l’environnement, les projets et réalisations de l’Atelier Paysan mêlent des logiques d’entre-aide, une réflexion poussée sur les techniques et le travail, et un ambitieux projet politique. L’Atelier Paysan interroge et tente de répondre aux besoins réels des agriculteurs, en s’appuyant sur une très solide expérience de terrain. Dans cet entretien avec Fabrice Clerc, l’un des cofondateurs et cogérants de l’Atelier Paysan, il nous présente la coopérative, ses projets et sa vision des low-tech.

Article 3 : De la paille et des lombrics pour épurer l’eau : un projet coopératif et écologique unique en son genre. Par Stéphane Fuchs, architecte HES/SIA, biologiste de l’habitat, directeur, ATBA ; Philippe Morier-Genoud, Biologiste expert en systèmes sanitaires à compost, concepteur des installations de Soubeyran et des Vergers ; Sandro Vergara, ingénieur HES gestion de la nature et génie de l’environnement, Ecosquad ; Dominique Bollinger, Professeur HES en génie de l’environnement, HEIG-VD.

Résumé : Les coopératives Luciole et Equilibre à Genève en Suisse recherchent depuis plusieurs années des solutions alternatives pour le traitement des eaux usées. Avec le concours du bureau d’architecture ATBA, l’immeuble de Soubeyran constitue un exemple fonctionnel d’un système novateur de basse technologie pour traiter les eaux usées localement, à partir de matières fécales, eaux grises, eaux noires, paille et lombrics et fournir compost et engrais de qualité ainsi qu’une eau épurée répondant aux normes environnementales et légales suisses.

Article 4 : L’alimentation durable est possible et c’est maintenant ! Le cas suisse. Par Noé Goy, ingénieur (HES géomatique et génie de l’environnement) et Dominique Bollinger, professeur (HES en génie de l’environnement, HEIG-VD)

Résumé : La crise par laquelle nous passons met en évidence la fragilité de notre système et les risques liés aux chaînes d’approvisionnement alimentaire directement tributaires de l’agriculture intensive et globalisée. Il est donc intéressant de montrer les opportunités de transition agricole vers un système plus local, plus résilient et tout aussi productif dans le respect de l’environnement. L’article montre dans un contexte suisse la faisabilité d’un passage à une agriculture permacole envisageable dès aujourd’hui, notamment pour le secteur maraîcher. Les aspects de transition économique, de main d’œuvre, d’occupation des sols et de productivité ouvrent une réelle opportunité de changement. Aux politiques de se montrer assez ambitieux pour imprimer une telle transition bénéfique pour tous.

Article 5 : Stocker le soleil dans de l’air. Par Mirko Croci, professeur HES, coordinateur TIN de l’enseignement de la physique, responsable de projets Ra&D (technologies émergentes), HEIG-VD, IGT ; Gilles Courret, professeur HES, Dr ès Sciences, HEIG-VD, IESE ; Laurent Gravier, Maître d’enseignement HES, Dr ès sciences, HEIG-VD, COMATEC et Dominique Bollinger, professeur HES en génie de l’environnement, HEIG-VD, INSIT.

Résumé : Le stockage des énergies intermittentes pose un réel problème notamment pour le solaire ou l’éolien. Des solutions Low-Tech, telles que le compresseur gravitaire présenté dans cet article, ouvrent la voie à de vraies solutions locales autonomes, pouvant s’affranchir des impacts importants des batteries habituellement utilisées. Il est aujourd’hui possible d’emmagasiner et restituer de l’énergie pneumatique avec une efficacité de l’ordre de 60 à 70 %, lorsque la chaleur produite à la compression est gérée de façon astucieuse. Si, de surcroit, on combine cette solution de stockage avec des compresseurs spécialement conçus pour fonctionner avec des panneaux solaires photovoltaïques, le coût du kWh pneumatique peut devenir très compétitif … simple, ingénieux et économique.

Article 6 : La recherche scientifique en low-tech : définition, réflexions sur les pistes possibles, et illustration avec un projet de métallurgie solaire. Par J. Carrey et S. Lachaize, tous deux membres du Laboratoire de Physique et Chimie des Nano-objets (LPCNO), 135, av. de Rangueil, Toulouse, et de l’Atelier d’Ecologie Politique (Atécopol), Toulouse.

Résumé : Nous définissons une technologie low-tech comme étant la brique élémentaire d’un système technique pérenne. Une analyse du système technique dans sa globalité est ainsi nécessaire pour définir la frontière high-tech / low-tech. Nous proposons une série de réflexions ou pistes de recherche dans les domaines de la mobilité, de la production d’énergie, de la santé, de la potabilisation de l’eau, de la conservation des aliments et de la pérennité des systèmes techniques. Nous justifions notre projet de métallurgie solaire à partir d’une analyse énergétique de la révolution industrielle anglaise. Enfin, ses aspects techniques sont développés : il consiste à activer la réduction de minerais riches en oxyde de fer par des réducteurs décarbonés ou bio-sourcés grâce à l’énergie solaire concentrée.

Article 7 : Pic pétrolier et low-techs. Entretien de Matthieu Auzanneau, directeur du Shift Project, et auteur notamment d’Or Noir - La grande histoire du pétrole, à La Découverte en 2015, par Dominique Bourg.

Résumé : cet entretien trace un tour d’horizon des questions énergétiques, à partir de la donne en hydrocarbures qui nous échoit désormais. Les questions climatiques et les questions énergétiques appellent une même réponse, tourner le dos aux énergies fossiles et organiser une société sobre et économe de ses ressources.

Article 8 : L’Archipel Low-Tech en France. Par Christelle Gilabert, journaliste indépendante et auteure, avec l’aide et la coordination de Quentin Mateus pour le Low-tech Lab. Et à partir des entretiens avec : Kévin Loesle, Emmanuel Laurent, Guillaume Augais, Laurent Lafforgue, Michel Foata, Thomas Desaunay et Anton Deums.

Résumé : Ce texte est un essai cartographique qui propose une exploration de la démarche low-tech en France afin de dresser un panorama subjectif et non-exhaustif de ses principaux acteurs. En s’appuyant sur la théorie de l’archipel du philosophe et poète Édouard Glissant, l’article navigue à travers différentes perspectives pour tenter de distinguer les dynamiques et les figures qui composent ce paysage aussi flou qu’hétéroclite.

Article 9 : Livraisons urbaines en vélos-cargos : le low-tech au service de la transition écologique des villes. Par Mickaël Brard, conseiller en logistique urbaine durable chez Jalon Montréal.

Résumé : Dans un contexte de saturation des réseaux et de dépassement des seuils de pollutions atmosphériques, sonores et d’émission de GES, les villes et les transporteurs cherchent des solutions à la fois plus efficaces et plus écologiques pour répondre à l’explosion des besoins de livraison urbaine, portée notamment par l’essor du commerce en ligne. Âgé de plus d’un siècle, le vélo-cargo fait ainsi son grand retour dans la logistique urbaine, notamment à Montréal au Québec, en s’appuyant sur les dernières améliorations technologiques en matière de propulsion électrique et d’optimisation de tournées. Par sa capacité à détrôner le camion, cette solution « low-tech augmentée » se présente comme un levier pertinent pour repenser les flux de marchandises en ville dans une perspective de transformation écologique, tant au niveau des émissions de GES que de la meilleure cohabitation avec les modes de déplacements actifs et doux. Toutefois, en tant qu’outil au service de la consommation de masse, son usage présente un fort potentiel d’effet rebond. En effet, en résolvant les problèmes actuels du commerce en ligne, il l’encourage tout autant, ce qui constitue un redoutable paradoxe. Mais dans le contexte de la pandémie du printemps 2020 à Montréal, le vélo-cargo a su démontrer sa formidable flexibilité pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation générés par la crise. Ce qui a fait de cet équipement de transport un des premiers outils de résilience urbaine.

Article 10 : Gouverner par des instruments low-tech en Anthropocène : quels potentiels face au scénario de gouvernementalité éco-algorithmique ? Par Christophe Abrassart, Professeur à l’École de Design de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal.

Résumé : Quelle sera la place de la technique et particulièrement du numérique dans le pilotage de la reconstruction écologique ? Le 21e siècle sera-t-il le cadre d’une controverse inédite entre d’une part les tenants d’une gouvernementalité éco-algorithmique et, d’autre part, les tenants d’une démocratie participative par assemblées délibératives ? Autrement dit, le système de gouvernement lui-même pourrait-il devenir l’objet d’un débat sur ses formes high-tech ou low-tech ? Allons-nous vivre une confrontation inédite entre l’algorithme et le plan, entre l’apprentissage machine et la conception collective ? Après avoir présenté le scénario prospectif et hypothétique d’une gouvernementalité éco-algorithmique à l’échelle mondiale de l’effet rebond par les géants du web, cet article explore le potentiel des instruments de gouvernement low-tech pour répondre aux limites, aux failles et aux impossibilités de ce scénario.

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