Le manifeste du Low-tech Lab : pour un avenir low-tech !

Press release

Date de publication : mai 2019
Auteurs : Low-tech Lab

Alors qu’un archipel d’initiatives et d’alternatives émerge un peu partout en France et dans le monde, il est plus que jamais nécessaire d’amorcer un mouvement collectif… et pourquoi pas sous la bannière « low-tech » ?

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Chaque jour, une nouvelle alarme environnementale ou sociale retentit, nous rappelant le temps imparti, les objectifs à viser pour éviter de franchir le point de non-retour, dénonçant des pratiques délirantes ou des inégalités intolérables, pointant du doigt des responsables industriels, politiques, financiers, et inculpant parfois directement les modes de vie occidentaux.

Mais, pour l’instant, pas de changement de cap majeur ou à la hauteur des enjeux. Probablement parce que beaucoup n’ont toujours pas conscience de la situation, parce que nombreux sont ceux à ne pas être prêts à remettre en question le système dont ils dépendent, leur confort, leurs habitudes ou leurs « besoins ». D’autres encore comptent sur les nouvelles technologies pour tout résoudre. Il devient pourtant notoire que la plupart des innovations censées nous « sauver » ne font en réalité que détourner notre attention des vrais problèmes, les déplacer, voire les décupler. Heureusement, nous sommes aussi de plus en plus nombreux à croire en une autre voie, par conviction ou par nécessité, une voie que des penseurs de la technique particulièrement visionnaires imaginent et élaborent depuis longtemps. Aujourd’hui, il est temps de passer à l’action.


UN ARCHIPEL D’ALTERNATIVES

Le Low-tech Lab est né du constat que des solutions plus respectueuses de l’Homme et de la planète existaient déjà un peu partout, qu’elles émergeaient spontanément de la société civile. Ces low-technologies permettent à chacun de subvenir plus sainement et plus sobrement à ses besoins, améliorent l’autonomie et la résilience des communautés, et contribuent à préserver ou régénérer les écosystèmes. Nous sommes convaincus qu’en étant plus largement connues, adaptées, répli- quées, elles constitueraient une réponse simple, efficace et durable aux enjeux du XXIe siècle.

Alors depuis quelques années nous nous faisons les ambassadeurs de la low-tech. Nous œuvrons à donner à chacun l’envie et les moyens de vivre mieux avec moins, d’adopter des modes de consommation ou de production plus sobres et plus collaboratifs, de s’épanouir en remettant du sens dans son quotidien. À cette fin, nous menons plusieurs projets d’exploration de terrain en France et ailleurs. Nous repérons les meilleures de ces solutions, les testons en conditions réelles, démontrons leur pertinence dans différents contextes et domaines d’application : des premières nécessités dans les camps de réfugiés à la question de l’habitat occidental, en passant par la mobilité dans les pays émergents. Nous documentons et diffusons, en ligne et en open source, les fruits de ces expérimentations pour sensibiliser le plus grand nombre, et pour permettre à chacun de se les approprier et de les adapter à son propre contexte - aux ressources naturelles, gisements de déchets, compétences et savoir-faire disponibles localement - ainsi qu’à ses habitudes, ses croyances et ses codes culturels.


LES PRINCIPES D’ACTION DE LA LOW!TECH

Pour aller plus loin dans l’incarnation de modes de vie low-tech, nous expérimentons au quotidien trois principes d’action – et d’émancipation – que chacun est également libre de s’approprier :

  1. Nous commençons par questionner nos besoins, la norme, ce qui est globalement considéré comme acceptable et ne devrait peut-être pas l’être. Nous nous demandons quel revenu, quel niveau de vie ou de confort vaut vraiment la peine de sacrifier son temps, ses valeurs ou son environnement direct. Les minimalistes nous inspirent par leur quête de l’essentiel. À chaque nouvelle prise de conscience nous élargissons nos rayons d’empathie, incluant chaque fois un peu plus la planète, les générations futures et les laissés-pour-compte. Nous déplaçons en conséquence nos niveaux de référence, tandis que nos critères de choix changent. Nous n’optons plus forcément, par réflexe ou par déni, pour l’option la moins chère, la plus « facile » ou la plus rapide ; nous préférons souvent l’option la moins impactante, la plus pertinente, la plus eðcace, la plus robuste… bref, la plus low-tech !

  2. Ensuite nous essayons de changer notre relation à la technologie ; globalement d’en refaire un moyen plutôt qu’une fin en soi. Nous ne cherchons plus à répondre à nos besoins ou nos envies, ni même aux inégalités, à la pollution ou au réchauffement climatique seulement par des solutions techniques. Plutôt que de tout miser sur l’intelligence artificielle, nous essayons de trouver des réponses intelligentes, qu’elles soient naturelles, sociales ou techniques, d’imaginer de nouveaux emplois épanouissants plutôt que de nouvelles machines aliénantes. Au Low-tech Lab, nous essayons de réorienter la recherche et l’innovation vers un pro- grès durable pour l’Homme et la planète : d’un côté, un meilleur équilibre entre citoyenneté, travail, apprentissage et bien-être collectif ; de l’autre, une compréhension plus fine de nos écosystèmes pour une meilleure cohabitation avec eux.

  3. Enfin, nous sommes persuadés que remettre en question la technologie ne va pas sans remettre en question le modèle de société qui la soutient. Ce qui nous amène à nous demander à quoi ressemblerait une société fondée sur la low-tech. À ce sujet nous regardons l’ancien avec un œil neuf, et certaines initiatives, communautés, ou cultures avec admiration. Il ne s’agit pas de revenir en arrière ou de faire comme si internet, le vélo électrique ou le roulement à bille n’existaient pas. Mais nous voulons nous inspirer d’organisations sociales et économiques fondées sur l’entraide et le temps long, qui regorgent d’ingéniosité, cultivent une grande connaissance de leurs milieux, et témoignent le plus souvent d’un bonheur entier. Cette autre voie possible serait donc celle d’une société plus juste, plus sobre et plus solidaire. Pour transformer cette possibilité en réalité à grande échelle nous devons, dès maintenant et collectivement, explorer, prototyper et expérimenter des modèles de société fondés sur les principes de la low-tech, mais pas que !


AMORCER UN MOUVEMENT COLLECTIF

Il se trouve que les prémices de ces nouveaux modèles existent déjà, au sein de l’économie sociale et solidaire (ESS), des mouvements citoyens, du logiciel libre ou de certains services publics. Notamment : une high-tech raisonnée, plus sobre et plus résiliente ; une économie circulaire (réemploi, réparation, recyclage) ; la mutualisation de services robustes plutôt que la vente de produits jetables ; une éducation et une connaissance ouvertes et libres, des espaces de création, de recherche et de formation décentralisés, relocalisés, autonomes et interconnectés ; des écosystèmes régénérés, des territoires que leurs habitants connaissent sur le bout des doigts ; des collectivités qui partagent le sens des responsabilités face à leurs propres ressources tout autant que les fruits du travail.

Face à ce défi d’ampleur nous pensons que chacun a un rôle à jouer. D’une part, nous invitons tous les citoyens et toutes les citoyennes convaincu(e)s à intégrer cette philosophie low-tech au quotidien, à collaborer à leur échelle pour mieux partager leurs expériences et leurs pratiques, et à aider d’autres à le faire à leur tour. D’autre part, nous appelons toutes les institutions, toutes les professions, tous les profils, toutes les compétences, toutes les expertises et toutes les initiatives souhaitant œuvrer pour le passage à l’échelle de la révolution low-tech, à rejoindre le mouvement ; parce qu’ensemble, on va plus loin !

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