Le MANIFESTE du Low-tech Lab - Édition 2026

Press release

Date de publication | Juillet 2026
Contenu | Texte coécrit et validé par les membres du réseau Low-tech Lab, en particulier Nathanaël, Élodie, Grégoire, William, Léo et Lydie.

Depuis plusieurs années, le mouvement low-tech s’est considérablement structuré et a essaimé partout sur les territoires. D’un unique Low-tech Lab basé à Concarneau, notre réseau de communautés low-tech regroupe aujourd’hui plus de 30 associations qui placent la low-tech au coeur de leur démarche.

Sept ans après sa première version, il était important pour nous d’actualiser ce manifeste, de comprendre et formuler ce qui nous rassemble et mettre des mots sur ce cap joyeux, sobre et convivial que nous poursuivons.

Si ce manifeste fait grandement écho avec vos aspirations personnelles, on ne peut que vous inviter à nous rejoindre !

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(ou le découvrir ci-dessous)

UNE DÉMARCHE TECHNO-CRITIQUE #

Le Low-tech Lab a pris forme afin d’amener un élan d’optimisme quand tout semble nous pousser vers la résignation. Nous constatons que nous vivons sous une domination de la technique moderne qui s’étend à l’ensemble de la planète. Elle est à la source de la crise écologique, dépossède les peuples de leur capacité à s’autodéterminer, et implique une emprise des pays dits « du Nord » sur les pays dits « du Sud » : c’est le technocène.

Face à cela, il s’agit de mener des actions visant à expérimenter et adopter concrètement des modes de vie désirables. La philosophie low-tech s’inscrit dans une approche techno-critique, au sens où elle considère que les systèmes techniques ne sont pas neutres, et que toute innovation n’implique pas nécessairement un progrès social. Nous devons faire preuve de techno-discernement : savoir distinguer les techniques qui nous émancipent et celles qui au contraire nous privent de notre liberté.

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L’AUTONOMIE COMME PROJET POLITIQUE #

Notre objectif principal est de redonner du pouvoir d’agir sur la technique. Nous nous inscrivons dans le courant de l’éducation populaire qui ne dissocie pas les enjeux techniques, écologiques et sociaux. Il s’agit de redonner au plus grand nombre, la capacité de développer des savoirs et des savoir-faire, qui permettent de comprendre et de transformer son milieu de vie, afin de le rendre à la fois plus soutenable et plus émancipateur. De ce point de vue, le maître-mot du projet politique du Low-tech Lab,
c’est l’autonomie.

Une autonomie technique, qui vise à savoir faire des choses par soi-même grâce à des « outils conviviaux », que nous sommes en mesure de maîtriser. Et une autonomie politique, qui consiste à être en mesure de décider de l’avenir de nos systèmes techniques : ce que l’on nomme la démocratie technique.

Or, cette autonomie n’existe que grâce à un collectif à disposition des un·e·s et des autres pour favoriser l’interconnaissance, le partage d’expériences et de ressources. L’autonomie, ce n’est ni l’individualisme,
ni l’autarcie, ni l’indépendance, mais c’est assumer pleinement notre interdépendance fondamentale,
celle qui caractérise le vivant.

Au Low-tech Lab, nous sommes convaincu·e·s que la technique peut être un prétexte incroyable pour recréer de la solidarité, de la coopération, et prendre soin du lien social, en se nourrissant des différences socio-culturelles qui nous composent. Nous souhaitons lutter contre toutes les oppressions systémiques car nous savons à quel point la technique peut relayer, entre autres, des normes sexistes, racistes ou validistes, que nous rejetons. Pour nous, pas d’autonomie collective sans égalité, et pas d’égalité sans accorder, au sein de nos actions, une attention centrale à l’inclusivité.

Cela dit, cette autonomie ne peut perdurer que dans un système durable. La sobriété, réfléchie collectivement et structurellement, est l’un des piliers de l’approche low-tech. Elle est un moyen de contribuer à la transition écologique mais n’est pas une fin en soi. A quoi bon être sobre pour faire durer le monde si ce n’est pas dans le but de rendre possible une vie libre et émancipée ? Autonomie et sobriété vont alors de pair. Une telle auto-détermination technique et politique permet finalement de redéfinir collectivement nos besoins, et de dessiner les contours d’une vision partagée du bien-vivre.

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LE LOW-TECH LAB HIER, AUJOURD’HUI, ET DEMAIN #

Un groupe de curieux·ses, désireux·ses de revisiter notre rapport aux technologies, s’est mis en mouvement. Iels ont choisi de naviguer, rencontrer, expérimenter et documenter. D’explorer le monde à la recherche d’alternatives concrètes, sobres et reproductibles.

Pour pérenniser cette dynamique et en assurer la diffusion, iels fondent en 2013 l’association Low-tech Lab à Concarneau. Au fil des missions, des systèmes low-tech sont testés, améliorés, racontés. En naissent des tutoriels, des documentaires, des conférences mais aussi des festivals, des formations et des ateliers participatifs. Peu à peu, d’autres communautés s’approprient la démarche sur leurs territoires. Ce qui était une exploration devient alors un mouvement en France et dans le monde. On partage des expériences et des réussites, en reconnaissant le droit à l’erreur.

On s’enrichit des savoirs des autres. On se retrouve lors d’ateliers, de chantiers ou de temps conviviaux. Petit à petit, un réseau national se structure, non pour uniformiser, mais pour mutualiser, s’entraider, codévelopper et favoriser les communs. Le Low-tech Lab incarne ce réseau pour en protéger le sens et permettre à cet élan de durer.

Pour faire vivre et amplifier cet élan, reprenons en main nos imaginaires. Redessinons des villes et villages où les objets circulent plus longtemps que nos envies d’achat, où les ateliers de réparation sont des lieux de rencontre et de partage.

Façonnons des territoires où les fabriques d’intelligence collective invitent les organisations à coopérer pour expérimenter des modes de vie plus sobres.

Instituons une société où les choix techniques sont débattus au sein d’assemblées citoyennes.

Imaginons un monde où l’on se réapproprie collectivement notre temps et nos désirs afin de permettre à chacun·e de participer à une nouvelle culture, de nouveaux symboles et de trouver sa place au sein de son milieu écologique et social.

Ces idées ne sont pas des promesses abstraites. Elles s’expérimentent déjà au sein des communautés du Low-tech Lab, constituant autant de germes d’un futur désirable au sein du présent : des utopies concrètes.

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QUI NOUS SOMMES :

Le premier Low-tech Lab est né à Concarneau en 2013. Aujourd’hui présent en France, en Suisse et en Belgique, le réseau des Low-tech Labs comprend 35 associations qui portent et diffusent la démarche low-tech au quotidien sur leur territoire.

Ensemble, nous explorons, expérimentons et documentons des modes de vie plus conviviaux, plus résilents et plus respectueux des limites planétaires.

Rejoignez-nous !

Carte du réseau Low-tech Lab (2026)

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