Retour sur le e-colloque ADEME sur l'approche low-tech de la mobilité dans les territoires

Tribune

Date de publication : 9 novembre 2020
Auteur : Quentin Mateus
Lieu : en ligne !

Retour sur le e-colloque organisé par l’ADEME le 29 septembre dernier : une programmation pour appréhender l’intérêt d’une approche low-tech de la mobilité des territoires !

Lien vers les enregistrements vidéo du webinaire

J’intervenais à la première table ronde sur les liens entre mobilité low-tech et résilience des organisations et des territoires, aux côtés de Frédéric Bosqué de Tera, Alexandre Boisson de SOS Maires et de Thibaut Faucon de l’ADEME Île de France.
Lien vers l’enregistrement de la table ronde :

Table ronde 1 : résilience et mobilités low-tech

Ce que je retiens de cet événement :

👉🏼L’actualisation magistrale des enjeux systémiques et politiques de la low-tech par La Fabrique Ecologique (vidéo n°2).

👉🏼L’idée centrale d’un questionnement des besoins de mobilité : qui ou qu’est-ce qui se déplace aujourd’hui ? pourquoi ? est-ce vraiment nécessaire / utile ? si ce n’est pas le cas comment l’éviter ?

👉🏼L’objectif sous-entendu de remettre la mobilité au rang de moyen, à l’inverse d’un actuel culte de la prouesse techno, ou de la vitesse, érigées comme fin en soi. Alors même que la vitesse, qui permet (au départ) la réduction des temps de trajets, augmente systématiquement les distances et donc les besoins de déplacements.

👉🏼Une première piste émergeant du colloque n’est pas technique ou énergétique mais culturelle et tout au plus urbanistique :
• mettre en place les imaginaires et les politiques publiques (cohérentes) favorisant la dédensification des métropoles — 1 franciliens sur 2 souhaitait quitter l’île de France avant la crise du coronavirus ;
• utiliser cette force vive pour revitaliser, par les communs, les centres bourgs des villes de France ;
• le faire en évitant la pure gentrification des territoires d’atterrissage, en assurant un processus cadré, juste et convivial, respectueux des écosystèmes vivants, sociaux et économiques existant (ou subsistant ?) ;
• faciliter, soutenir les expérimentations qui vont déjà dans ce sens et leur essaimage.
Les exemples inspirants de l’expérience de territoire coopératif Tera (video n°6) ou du projet d’une Suisse fédérale sans voiture, étudié par le Forum Vie Mobile, et non projetable en l’état sur le territoire centralisé de l’Île de France (video n°5).

👉🏼En terme d’objets low-tech de mobilité : plutôt que d’imiter la voiture — au risque quasi systématique de décevoir —, penser d’autres systèmes de mobilité « intermédiaires ». Qui soient divers comme les vélocargos en tout genre (video n°3), les vélomobiles (video n°3) ou les tuktuk, pensés à partir des usages et fabriqués / réparés localement comme à La Cour Cyclette (video N°9), chez XYT pour la livraison (video n°9) ou chez Karenjy à Madagascar (video n°6).

👉🏼En conclusion : mener cette réflexion autour d’une mobilité plus low-tech ne peut se faire sans une stratégie de relocalisation des activités essentielles qui peuvent l’être (production alimentaire soutenable, artisanat solaire thermique et éco-construction, éco-rénovation, réaménagement, fabrication et réparation des équipements du quotidien à partir des déchets-ressources et savoir-faire du territoire, etc.). Ces deux mouvements favorisent à terme l’autonomie, la résilience et le développement socio-économique des espaces revalorisés au détriment du « village global » : les quartiers en ville, les régions, les « pays », les communes ou les territoires en zones moins denses.

Merci encore à Dominique Vialot (Climatico) pour l’animation, Jérôme Billé (France Innovation) pour la technique et Thibaut Faucon (ADEME) pour l’organisation.

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