[MISSION BIOSPHERE] Semaine 17

Carnet de bord

Le 20 février 2018, Nomade des Mers a lancé la phase 2 de son exploration low-tech : La Mission Biosphère, ou 4 mois en autonomie grâce aux low-tech. Chaque semaine, Corentin nous partage son journal de bord

JOUR 109
Grosse pluie tôt ce matin, avec des rafales violentes et des vagues plus hautes que d’habitude. Elles soulevaient le sol de ma tente et faisaient onduler mon matelas, me donnant une impression étrange de dériver à bord de ma tente au milieu de l’océan. L’eau a fini par traverser la bâche. Tout est trempé. Peu de dégâts sur la plateforme. La tige principale de la plus grande Morning Glory est cassée. De l’eau est entrée dans les boites de grillons. Quelques petits sont morts. Cette fois, je réagis vite en nettoyant directement le fond des boîtes pour éviter la prolifération de mouches et de maladies.

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JOUR 110
J’ai retiré l’ombrage de la section 2, au dessus de la spiruline et des plantes. Comme le ciel est souvent nuageux, je pense qu’il n’est plus nécessaire.
Le champignon jaune poussiéreux se propage, mange les graines et infecte les jeunes pousses. J’avais pourtant stérilisé le substrat. Peut-être que cet envahisseur se déplace via le tissu qui recouvre les boîtes ?
Note : Je l’appelle champignon mais je ne sais pas vraiment ce qu’est cette chose.
La tentative de recyclage de substrat a échoué. Les graines ne poussent pas. il faudrait peut être rincer, laisser reposer, stériliser puis déshydrater la fibre de coco avant de la réutiliser.

JOUR 111
Baisse de productivité de la spiruline. Hier j’ai collecté 45g et aujourd’hui 35g. Pourtant, je filtre les mêmes volumes que d’habitude et la densité est constante (Disque de Secchi à 2 cm). C’est comme si les mailles du filtre étaient trop grosses et laissaient passer la spiruline.
Naissance de nouveaux champignons dans le bocal qui avait déjà donné un champignon (issu de mes clonages).
Les anciens paquets ne donnent plus rien. Je pense qu’il fait trop chaud. J’installe un drap qui couvre la face arrière des paquets, et un goutte à goutte pour l’humecter en permanence. C’est le principe du zeer pot (ou frigo du désert) : l’eau, en s’évaporant, produira du froid. Cela devrait aussi augmenter le taux d’humidité. Les champignons ont une croissance optimale au dessus de 85% d’humidité et sous 30°C.

JOUR 112
Le champignon jaune poussiéreux continue à faire des ravages chez les jeunes pousses, qui pourtant avaient bien démarré. J’ai perdu 12 boîtes.
Dernière tentative (car il ne reste que 8 jours) : je sème les graines sur un substrat rincé et stérilisé (même traitement pour les boîtes). J’ai aussi nettoyé la table. J’utilise des barquettes au lieu du tissu pour les plonger dans l’obscurité.
Ce matin la spiruline a une légère mauvaise odeur. Je décide de récolter quand même.

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Je fais un essai de filtration lente, sans racler le tissu trop fortement. C’est un succès : je collecte 122g. Je pense que les mailles de mon filtre sont un petit peu trop grosses (50 microns).
Je vais sur la plage pour un essai de “plastic bottle cutter” : un outil pour transformer des bouteilles plastiques en ficelle. J’embarque 2 petites équerres en métal (environ 5cm de coté), des vis et une lame de cutter. Je visse les 2 équerres côte à côte sur un tronc échoué sur la plage. Je les fixe de manière à laisser un espace de 5mm entre les 2 parties verticales. Je positionne ensuite la lame de cutter parallèle et 3mm au dessus de la surface du tronc. La partie tranchante est en contact avec les 2 parties verticales des équerres. Je ramasse une bouteille sur la plage et découpe son culot. Je l’enfile entre les 2 équerres et tire un fil de plastique qui se crée au fur et à mesure que la bouteille tourne sur elle même. Cela marche très bien. Je répète avec 2 autres bouteilles. Le fil est résistant et a la propriété de se rétracter sous l’effet de la chaleur, ce qui peut avoir plusieurs applications. Mais je n’en ai pas vraiment d’utilité sur la plateforme. De plus, je pense que cette low-tech est intéressante uniquement dans les régions où les bouteilles ne sont pas recyclées.
J’ai mis à jour la liste : mon objectif de tester 30 low-tech est atteint. Tout n’a pas fonctionné comme je l’imaginais, mais le but était justement de voir les avantages et inconvénients de chaque système en tant qu’usager. Je vais pouvoir compléter les tutos correspondants sur notre plateforme “Low-tech Lab” et j’espère permettre ainsi à de nombreuses personnes de répliquer ces systèmes.

JOUR 113
J’avais prévu un essai de module Peltier. C’est un petit objet plat, carré, avec 2 fils électriques qui en sortent. Quand on les alimente, une face du module produit du froid, l’autre du chaud. Je voulais faire des tests de condensation de l’humidité de l’air pour produire de l’eau douce. Mais il me manque du matériel. J’aurais eu besoin d’un ou 2 petits radiateurs en aluminium.
À nouveau la spiruline a une légère mauvaise odeur. Je ne récolte pas, et ajoute un ombrage, sur les conseils du livre de Gilles Planchon.
À force de travailler torse nu à l’extérieur, je me suis brulé le dos et la nuque. Ces nuages sont trompeurs. J’ai la peau rugueuse comme du papier à poncer.
Mon stock de maïs a moisi. Chaque grain est recouvert d’une pellicule verte. Même chose pour les grillons déshydratés qu’une poudre verte a envahis. Les cacahuètes sont devenues molles, collantes et une pellicule de moisissure blanche s’y développe. Je n’ai pas suffisamment bien protégé mes stocks de la mousson. Mes repas sont de moins en moins appétissants.

JOUR 114
Fin de l’aventure pour le dessalinisateur. Je le démonte. J’ai passé beaucoup de temps à essayer de le faire fonctionner, beaucoup de problèmes se sont succédés, et je n’ai rien pu en tirer. Cela ne veut pas dire que le principe ne fonctionne pas, mais il faudra tout de même revoir le design.
Les feuilles ont une excellente croissance, notamment les morning glory et les feuilles de patates douces qui se répandent à travers toute la surface du système d’hydroponie. C’est vraiment une low-tech que j’aime beaucoup. Les biofiltres marchent très bien. En moins de 3 jours, ils transforment 150ml d’urine qui sent mauvais l’ammoniac en une solution qui a une bonne odeur sucrée et que les plantes ont l’air d’apprécier. J’aurais aimé essayer d’intégrer un biofiltre directement au système d’hydroponie comme dans les systèmes d’aquaponie. Ce sera pour une autre fois.

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