[ENQUÊTE #9] À la rencontre de ROTOR

Article, Press release

Date de publication : Août 2022
Équipe Enquête #9 : Clémentine Bourrel, Saskia Scorselo, Suzon Simonneau, Quentin Mateus
Lieu : Bruxelles, Belgique

Et si demain notre société était plus low-tech, à quoi ressembleraient nos organisations dans ce monde plus respectueux des humains et de la Planète ? C’est pour répondre à cette question que le Low-tech Lab a lancé - grâce au soutien de l’ADEME et de la Région Bretagne - une série d’enquêtes de terrain auprès d’initiatives françaises qui incarnent et diffusent localement une démarche low-tech.

La neuvième enquête du Low-tech Lab est aujourd’hui rendue publique. Pour cette dernière enquête (!), nous nous intéressons au secteur de la construction, et à une pratique élémentaire de la démarche low-tech : le réemploi. En l’occurrence nous sommes partis à la rencontre d’un collectif d’architecte spécialisé dans le réemploi de matériaux de construction, notamment à l’initiative d’une coopérative de déconstruction, de remise en état et de revente de matériaux de seconde main ; respectivement Rotor et Rotor DC.

À découvrir ci-dessous :

  • Une vidéo présentant l’histoire et le fonctionnement de Rotor ainsi que ses multiples facettes,
  • Un podcast, entretien long avec Michaël Ghyoot, membre historique de Rotor,
  • Une petite anthologie subjective du réemploi en France, par Clémentine Bourrel et Quentin Mateus, en guise d’article et tirée du travail de veille et de recherche associé à l’enquête,
  • Un album photo illustrant cette enquête au coeur de Bruxelles,

Reste à paraître :

  • Une étude de cas rédigée et ses annexes, qui reviennent en détails sur l’historique, la philosophie, le modèle de fonctionnement et les projets structurants de ces deux structures sœurs.
  • L’enregistrement audio de la table ronde “vers une architecture et des modes de construction plus low-tech” qui s’est tenue le 2 juillet à l’Espace Agora du Village Low-tech, lors du Festival Low-tech 2022 organisé par le Low-tech Lab à Concarneau.

La vidéo #


Le podcast #


L’article #

Petite anthologie subjective du réemploi en France #

Avant-propos

Comme cette enquête a la spécificité de se concentrer sur un duo d’organisations belges bien ancrées dans leur territoire bruxellois, il nous a semblé important de trouver un endroit pour ouvrir les perspectives que donne Rotor sur le réemploi au contexte français. Il nous tient à cœur que le sentiment des personnes qui découvriront cette dernière enquête ne soit pas le suivant : “super intéressant mais je ne me sens pas concerné puisque je ne vis pas à Bruxelles, mon territoire ne connaît pas la “bruxellisation” (concept expliqué dans la vidéo), et si je veux rénover ou aménager mon logement, voire le faire construire, en réemploi, je ne pourrai de toute façon pas faire appel aux services de Rotor et Rotor DC, qui sont trop loins”.

Plutôt que de dresser ici un tableau détaillé des enjeux du secteur du BTP à partir d’un point de vue “low-tech”, ou de balayer les raisons qui justifient de s’intéresser à la question du réemploi dans ce domaine, nous avons donc décidé de vous partager notre perception de la situation en France. Les ressources utiles, les liens vers les plateformes de référencement, les acteurs emblématiques de la dépose, du reconditionnement et de la revente de matériaux de seconde main, etc.

Ci-suit la table des matières de cette petite anthologie du réemploi en France pour faciliter la navigation et l’accès rapide à chacune de ses sous-parties :


Aperçu chiffré des enjeux de la construction en France #

Aujourd’hui, dans notre pays, environ un 10ème du territoire est artificialisé. Après une forte croissance entre les années 1990 et 2010, une baisse entre 2009 et 2016 des suites de la crise, et une reprise depuis, on estime aujourd’hui à 30 000 ha la surface artificialisée par an. La moitié de cette superficie l’est pour la construction de logements neufs, très majoritairement individuels, mais également à hauteur de 20 % pour l’extension de réseaux (principalement routiers), de 15 % pour la construction d’infrastructures publiques (sportives, locaux, etc.), et de 15% pour la construction de bâtiments privés (sites industriels ou logistiques, centres commerciaux, etc.). Globalement, depuis 1992, la surface artificialisée a augmenté nettement plus vite que la population (+36 % contre +12 % entre 1992 et 2015) ce qui traduit une augmentation de la consommation d’espace par habitant.

Au sujet du logement en particulier, d’après les chiffres de l’Insee : le 1er janvier 2021 la France comptait 36,2 millions de logements, dont 81,8 % étaient des résidences principales, soit 6,6 millions de résidences secondaires, logements occasionnels ou vacants ; et le parc augmente chaque année d’environ 1 % (à l’exception de 2020) mais sur ces 15 dernières années l’accroissement du nombre de résidences principales diminue, et l’accroissement du nombre de résidences secondaires ou logements occasionnels augmente.

Derrières tous ces chiffres d’artificialisation et d’accroissement du bâti, se cache des constructions neuves (de bâtiments et d’infrastructures) plutôt que des rénovations. Pour couvrir plus justement ce secteur de la construction neuve il faut y ajouter celle impliquée par le renouvellement du bâti, autrement dit la construction post-démolition. Deux bâtiments sur 100 sont remplacés chaque année en France. Sachant que les différentes “couches” du bâtiment ont des durées de vie théoriques différentes : les équipements et aménagements intérieurs (cuisine, salle de bains, peintures et revêtements de sol) sont remplacés tous les 10 à 15 ans ; les canalisations, fenêtres ou toits plats, sont rénovés tous les 30 ans et la structure (béton ou autres), qui constitue le “squelette” du bâtiment, a une durée de vie moyenne de 70 à 100 ans. Mais ces chiffres théoriques sont à nuancer suivant les types de bâti : la durée de vie des bâtiments industriels ou logistiques n’est que de 30 à 40 ans environ. Enfin, les matériaux modernes de construction comme ceux d’isolation durent généralement moins longtemps que les matériaux traditionnels, et sont amenés à être renouvelés plus fréquemment ; quant aux derniers matériaux synthétiques et composés chimiques développés par les fabricants, eux-mêmes disposent encore de peu de recul pour évaluer leur vieillissement.

Le BTP est le secteur qui consomme le plus d’énergie en France (46 % d’après les chiffres de l’énergie Datalab de 2020), et parmi les plus consommateurs de ressources vierges, extraites localement ou importées — qu’on pense par exemple au sable dont le béton est composé aux 2/3 et qui est la ressource la plus exploitée au monde après l’eau, majoritairement prélevé sur les plages (menacées de disparition d’ici 2100) et dans les fonds marins car le sable du désert est moins adapté à ses applications, et très souvent illégalement (en France par des industriels exploitant des fonds marins protégés, au Maroc pour le développement de l’activité touristique, en Indonésie pour permettre l’expansion de Singapour, et en Inde pour soutenir l’accroissement industriel du pays), ou encore importé (la majeure partie du sable exporté par l’Australie l’est vers les pays du Golfe). In fine : d’après le CEREMA sur toute la durée de vie d’un bâtiment, 70 % des émissions de gaz à effet de serre concerne juste l’étape de construction, et l’ADEME estime que la quantité de matériaux à mobiliser en tonnes par m2, entre la construction neuve et la rénovation d’un bâtiment de logement, est de 40 à 80 fois plus importante selon sa typologie (individuel, collectif, etc.).

Et ce, alors que l’artificialisation du territoire, les démolitions systématiques ou les renouvellements d’intérieur, de canalisations, de menuiseries ou de toiture, listés plus haut font du BTP le secteur le plus générateur de déchets en France, avec 227,5 millions de tonnes produits en 2014. En comparaison les déchets ménagers, que l’on s’évertue à trier pour faciliter leur “revalorisation”, représentent 37,7 millions de tonnes, 6 fois moins (voir figure ci-dessous). Parmi ces déchets du BTP la quasi totalité est aujourd’hui enfouie, incinérée ou “recyclée” (c’est à dire refondue par exemple dans le cas de déchets uni-métalliques, ou de déchets verre), et tous ces procédées sont très énergivores.

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Répartition des déchets du BTP en 2014, d'après l'étude ADEME Repar #2 de 2018

Conclusion : le secteur du BTP est aujourd’hui un secteur particulièrement linéaire, qui consomme énormément de terres fertiles (depuis 2009, l’artificialisation s’est faite à 90 % aux dépens des sols fertiles), de matières premières extraites et en grande partie importées, ou d’énergies en amont comme en aval, et qui génère énormément de déchets. Et c’est cette dimension linéaire du secteur qui représente la très large majorité de son impact environnemental. Dans le cas de la construction de bâti post-démolition on peut représenter cette linéarité de la façon suivante :

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Linéarité du secteur de la construction

Alors même que le discours dominant et l’imaginaire collectif se concentrent sur les enjeux énergétiques pendant la phase d’utilisation du bâtiment (performances énergétiques, bâtiment “basse consommation”, “passif”, “à énergie positive”, etc.) — justifiant autant la réhabilitation ou la rénovation énergétique de bâtiments anciens, que la construction “d’éco-quartiers” neufs (à la place d’anciens quartiers jugés vétustes ou de terres agricoles à plus faible rendement économique). Au sujet des différentes dimensions de la crise énergétique du bâtiment aujourd’hui en France, voir la première partie l’article de l’enquête du Low-tech Lab réalisée sur le sujet (auprès d’Aezeo), consultable à ce lien.

Comme l’a exploré une récente étude intitulée “ville low-tech” et financée par l’ADEME, il y a un enjeu majeur à réduire les consommations de ce secteur, en mettant en œuvre une forme “d’urbanisme du discernement” (qui évite autant que possible l’artificialisation, la construction et la démolition), et un “urbanisme circulaire” (qui fait circuler les usages, les matériaux et les matières). Pour cette dernière partie, il s’agit de cibler en priorité les déchets qui sont en réalité encore réemployables, autrement dit les déchets “inertes et non-dangereux du bâtiment”. Ils représentaient 41,2 millions de tonnes en 2014 et constituent un gisement important et inexploité en terme de réemploi puisqu’on estime qu’en France comme en Belgique, seulement 1% des éléments d’un bâtiment sont réemployés pour un usage similaire à celui de leur application initiale.

Pour faciliter leur réemploi, de nombreuses initiatives émergent sur le territoire français.


Typologie d’acteurs du réemploi #

La première étape du bouclage du cycle de vie du matériau est le diagnostic réemploi (pour connaître le potentiel des matériaux présents sur un site voué à la destruction ou la réhabilitation) — aujourd’hui de plus en plus proposé par des bureaux d’études — et la dépose soigneuse ou la déconstruction. Un certain nombre d’acteurs se sont spécialisés dans cette activité de déconstruction, gestion de stock, logistiques, etc. et interviennent en amont du chantier de démolition, sur commande du maître d’ouvrage ou du revendeur spécialisé, voire de professionnels intéressés pour réemployer les dits matériaux. Ils sont la plupart du temps également transporteurs, et ont souvent besoin de développer des plateformes logistiques pour gérer les flux entrants et sortants de matériaux déposés.

Le second maillon de la chaîne est celui des revendeurs spécialisés et des magasins de matériaux, sur le modèle de Franck (pour les briques) ou de Rotor DC en Belgique et dans le cadre de notre enquête. Cet ensemble de revendeurs plus ou moins spécialisés intègrent le plus souvent une activité de collecte et de remise en état des matériaux qu’ils revendent, voire de dépose / déconstruction eux-mêmes ; c’est leur façon de s’approvisionner. Leurs locaux sont constitués de hangar de stockage, parfois d’ateliers et de vitrines ou showrooms pour exposer les matériaux présents dans leurs stocks. Ils peuvent également revendre en ligne sur une plateforme de e-commerce.

Ces acteurs de la dépose et revente de matériaux sont la plupart du temps à distinguer des Ressourceries (marque déposée, soumise à une charte environnementale et sociale — leur priorité est le réemploi et la réutilisation, elles s’inscrivent le plus souvent dans l’économie sociale et solidaire, etc.) et Recycleries qui sont elles spécialisées dans la collecte, le tri, le contrôle, le nettoyage, éventuellement la remise en état / réparation, et la revente d’objets en tout genre (principalement encombrants ménagers : ameublement, déchets électriques et électroniques, vêtements, chaussures, linge de maison, livres et autres CD, DVD, jeux vidéos, etc.) ou de matières (rouleaux de textiles, chutes de cuirs, etc.). Cette typologie d’acteur peut se rapprocher des historiques communautés Emmaüs qui collectent les mêmes types d’objets des particuliers, accueillent et insèrent des personnes en situation d’exclusion (les compagnons d’Emmaüs) et sont aujourd’hui autonomes et indépendantes, ne vivent d’aucune subvention. Mais également de certaines antennes des Secours Populaires et Catholiques, de l’Armée du salut ou de la Croix Rouge, ainsi que le réseau Envie, des vide-greniers, ou brocantes, qui n’ont pas nécessairement de vocation sociale ou solidaire, sont parfois spécialisés, et n’intègrent pas forcément l’activité de réparation / remise en état.

Évidemment certains secteurs spécialisés sont plus structurés et identifiés que les autres, par exemple les friperies, les anticaires, les bouquinistes ou librairies-disquaires de seconde main comme les librairies du réseau Gibert, ou la plateforme en ligne Recyclivre.

Enfin on peut mentionner le fait que de plus en plus d’architectes se spécialisent dans l’emploi de matériaux de seconde main, et participent à dynamiser la filière.

À noter que beaucoup d’acteurs cumulent ces différentes activités (diagnostic, dépose, collecte, remise en état, revente, conseil, etc.), c’est notamment le cas de Rotor en tant que collectif d’architectes et bureau d’étude, associé à la coopérative Rotor DC, spécialisé dans la déconstruction et la revente de matériaux en réemploi.


Partage de ressources #

Évidemment les listes de liens qui suivent ne sont pas exhaustives.

Quelques répertoires, annuaires et bases de données utiles

Au sujet des matériaux de construction de seconde main :

  • Opalis est la plateforme qui répertorie les revendeurs spécalisés et magasins de matériaux de construction de seconde main. Initiée en Belgique par Rotor, elle a été récemment étendue dans le cadre d’un projet européen, notamment à la France en collaboration avec Bellastock. À titre d’exemples, certains acteurs répertoriés sur Opalis sont spécialisés dans la récupération, la remise en état et la revente de radiateurs en fonte, de structures métalliques, de dalles, de tuiles, de bois de construction, de parquet, de pavés, de briques, de tuiles, de menuiseries (portes, fenêtres, escaliers), de carrelages, de sanitaires, de cheminées, etc. mais également dans le démantèlement, la démolition, la conception en réemploi, et les opérations sur matériaux (découpe de profilés métaliques, sablage, décapage et nettoyage de bois, traitements de surface de pierre, restauration de matériaux antiques, etc. Par ailleurs Opalis répertorie également des fiches matériaux pour aider les particuliers et professionnels à se repérer dans le réemploi de matériaux de construction, ainsi que des exemples emblématiques de réemploi,
  • Le média Matériaux Réemploi, édite une carte des acteurs du réemploi en France répertoriant revendeurs, concepteurs, constructeurs, formations, etc.
  • La cartographie du mouvement pour une frugalité heureuse et créative en architecture répertorie les “ressources locales”, humaines et matérielles, y compris certains acteurs spécialisés dans le réemploi, mais surtout des distributeurs et des producteurs de matériaux naturels et écologiques : biosourcés (bois, fibres comme la paille, le chanvre, etc.) ou géosourcés (pierres, ardoises, terre, etc.)

Autour des ressourceries et recycleries :

  • Le Réseau national des ressourceries et recycleries a sa propre carte d’adhérents, la carte des ressourceries et recycleries du réseau des ressourceurs est l’une des plus complètes en la matière,
  • Pour ce qui est des acteurs et bases de données spécialisés : le réseau RESSAC fédère les ressourceries artistiques et culturelles, les recycleries sportives sont dédiées aux articles de sport et sont répertoriée sur leur propre carte en ligne, The Place to Frip édite une cartographie des friperies, dépôt-ventes et ressourceries textiles, le réseau Envie, spécialisé dans l’électronique, et l’électroménager, a sa propre cartographique, ainsi que les boutiques Emmaüs, ou les friperies Ding Fring.
  • De façon plus éloignée, la plateforme Répar’acteurs, est un annuaire en cours de développement par l’ADEME et la chambre des métiers et de l’artisanat qui répertorie tous les acteurs de la réparation,
  • Enfin le réseau agenda.org rassemble plusieurs agendas nationaux : des vide-greniers (le plus connu et développé), de vide-dressings, vide-maisons, bourses aux vêtements, au jouets, etc.

Quelques sites d’achat en ligne de matériaux de seconde main

  • Cycle Up est une des plateformes professionnelles de vente en ligne de matériaux de seconde main les plus développées, elle possède également un entrepôt du réemploi et une gallerie en région parisienne ;
  • Cycle Zéro facilite la circulation des matériaux entre chantiers, à la façon d’un “bon coin” dédié à ce secteur ;
  • Backacia est aussi une plateforme d’achat-revente en ligne de matériaux et équipement du BTP en réemploi ;
  • mais également évidemment les sites d’échanges directement entre particuliers tels que donnons.org sur lequel figure une catégorie “bricolage / construction et rénovation” (comprenant : matériaux / gros œuvre / isolation, sanitaire / plomberie, portes / fenêtres, murs et sols, etc.), ou leboncoin sur lequel figure deux sous-catégories “BTP chantier gros œuvre” et “outillage matériaux de second œuvre” dans la catégorie “matériel professionnel”.

À la manière du magasin en ligne de Rotor DC, les acteurs du réemploi (concepteurs, déconstructeurs, revendeurs, etc.) développent parfois leurs propres plateformes de e-commerce, plus ou moins locales ou nationales :

  • La Réserve des Arts, ressourcerie historique en France, dédiée au secteur de l’art et de la culture (et chez qui ne peuvent se fournir que les structures adhérentes), possède trois “vitrines” en France (une à Pantin, une à Paris et une à Marseille), et elle répertorie ses stocks en ligne, par boutique, sur une plateforme dédiée intitulée “le rénovateur” ;
  • Le centre de formation à la déconstruction Réavie possède son propre réseau de plateformes logistiques (Récup’R) plutôt localisé en région parisienne, et sa propre base boutique en ligne intitulée “Boutique Renouvo” ;
  • Le collectif d’architectes Zerm a développé son propre “comptoir de matériaux de réemploi de Roubaix” en ligne, intitulé “le Parpaing”, ;
  • Mineka qui offre différents services de réemploi à destination des particuliers et des professionnels, en particulier en région lyonnaise, édite et tient à jour son propre catalogue consultable en ligne intitulé “Minék’atalogue” ;
  • Tout comme Readificare, basé à Marseille, qui “répertorie les matériaux” qu’il participe à déconstruire et facilite leur réservation et leur collecte, via des catalogues répartis par sites de déconstruction et consultables en ligne, Bobi Réemploi qui s’adresse aux professionnels en région Auvergne Rhône Alpes et Bourgogne Franche-Comté, édite ses propres catalogues consultables en ligne.

Acteurs emblématiques de la construction en réemploi et associés #

Les acteurs du réemploi s’organisent de plus en plus (2022 est l’année du lancement officiel du Syndicat des Acteurs du Réemploi) afin d’être mieux valorisés et représentés. Certains collectifs d’architectes se sont démarqués ces dernières années en matière de réemploi (mais pas que) :

  • Bellastock était notamment à la rédaction avec le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) de l’étude REPAR #2 (2018), guide méthodologique qui fait référence en France, financé par l’ADEME, mais également membre du projet européen FCRBE initié par Rotor il y a 4 ans, qui vise à faciliter le passage à l’échelle des pratiques de réemploi au sein de toute la filière ;
  • Encore Heureux s’est fait largement connaître sur le sujet du réemploi au travers de l’exposition Matière Grise_ au Pavillon de l’Arsenal à Paris, et de son catalogue d’exposition éponyme (épuisé) ; ils ont également initié un bureau d’étude dédié, Remix, qui anime notamment le média d’information Matériaux Réemploi, et est à l’initiative du groupe Facebook de veille sur les matériaux de construction en réemploi ;
  • Anatomie d’Architecture revendique une pratique plus transverse (bioclimatique, 100% locale, naturelle, reversible, low-tech, etc.) ; la coopérative s’est notamment fait connaître du “grand public” à la suite de son “tour de France des maisons écologiques”, et de la publication de l’ouvrage éponyme aux éditions alternatives ;
  • Zerm est plus sépifiquement localisé dans le département du Nord, et est notamment à l’initiative de la base de données / boutique en ligne Le Parpaing ;
  • Archipel Zéro est un collectif d’architectes qui a notamment travaillé avec Bellastock à la réalisation des locaux de la Ferme des Possibles à Stains, bioclimatique et à base de matériaux bio-géo-sourcés ou en réemploi, est à l’initiative du Hangar Zéro au Havre (tiers lieu complètement réhabilité en réemploi), et du réseau d’acteurs locaux dédiés au réemploi de matériaux de construction PERMAC ;
  • On peut également mentionner : le collectif En dehors des clous, notamment à l’initiative de la tente 2h, l’atelier Moins Mais Mieux qui a notamment publié l’ouvrage intitulé “autoconstruire en réemploi” ;
  • Enfin, plus largement et en terme de pratiques architecturales et urbanistiques partageant les valeurs de la philosophie low-tech, le mouvement pour une Frugalité Heureuse et Créative dont le manifeste rassemble près de 15 000 signataires à date, et est notamment à l’initiative d’un ouvrage récemment publié intitulé “Commune Frugale”.

Enfin parmi nos ressourceries et recycleries préférées :


Autour d’autres activités de réemploi #

L’activité de réemploi le plus local possible de matières premières ou d’équipements, au cœur de la démarche low-tech, n’est pas réservé au secteur du bâtiment et de la construction — même si, comme on l’a vu il y est particulièrement pertinent et nécessaire. Nous vous partageons dans cette dernière partie une série d’initiatives relevant toutes de près ou de loin du réemploi. Pour certaines, nous aurions pu

  • Dans le domaine de l’alimentation : toutes les initiatives locales autour de la consigne, qui visent à pouvoir utiliser des emballages réutilisables, en les récupérant et les lavant ; une initiative récente en la matière cherche à fédérer, mutualiser et promouvoir la consigne, il s’agit du collectif IMPEC ; mais également l’ensemble des initiatives qui visent à valoriser les invendus, au Low-tech Lab on aime notamment beaucoup Disco Soupe ;
  • Dans le domaine de la mobilité : l’activité de réemploi est incarnée par la myriade d’ateliers-vélos qui récupèrent des vélos, les réparent et les remettent en vente, la plupart du temps peuvent également former et accompagner à l’auto-réparation ; le réseau L’Heureux Cyclage répertorie ces ateliers vélos en France et ailleurs !
  • Dans le domaine de l’habillement : nous avons pendant longtemps travailler en partenariat avec le groupement de coopératives Le Relais qui anime le plus gros réseau de bornes de collecte et de centres de tri de vêtements de seconde main, mais également son propre réseau de friperies Ding Fring ; Le Relais étant au départ né au sein de la communauté Emmaüs, et ayant pour principale mission l’insertion sociale par l’activité économique, ils ont développé d’autres activités ad hoc, notamment l’effilochage de jeans non revalorisables et la fabrication du seul feutre isolant en coton recyclé issu de la filière des déchets textiles, le matériau solidaire Métisse ; mais également la communauté de couturiers et couturières amateurs et leur base de données de tutoriels de reprise, réparation et recréation de vêtements de seconde main Fixing Fashion ;
  • Dans le domaine du numérique : nous avons beaucoup d’admiration pour l’association d’éducation populaire au numérique Framasoft dans sa globalité, et en particulier pour le réseau des Chatons, Collectif d’Hébergeurs Associatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, qui facilite la réappropriation des infrastructures numériques au-delà de leur usage, et parmi ceux-là nous échangeons depuis plusieurs années avec l’Association Défis, basée à Lorient, qui récupère, reconditionne et met à disposition d’associations ou de particuliers du matériel informatique professionnel, en plus de former et d’accompagner différents publics à un usage plus libre du numérique ;
  • Dans le secteur plus large de l’électrique enfin : un certain nombre d’initiatives notables œuvrent pour le réemploi de batteries, notamment : au Low-tech Lab nous avons collaboré avec le fablab de Concarneau, le Konk Ar Lab, au développement d’une filière de récupération, de tri et de réemploi de cellules de batteries d’ordinateurs (sur la base d’un premier tutoriel disponible sur le wiki), notamment pour recomposer des batteries servant à assister des vélos ou des fauteuils roulants (dans cette même veine, nous avons pré-identifié le projet français Gouach qui veut fabriquer des batteries facilement démontable et réparable) ; le projet open source Regen’box vise de permettre à chacun de récupérer, “régénérer” et réutiliser des piles non-rechargeables, sur la base d’une technique ancienne ; l’entreprise Carwatt propose depuis plusieurs années de passer tout type de machine équipé d’un moteur thermique (stationnaires ou embarqués et véhicules divers) à l’électrique en réemployant des batteries lithium ion automobiles de seconde main ; plus récemment nous avons mis au point un premier module de génératrice fabriqué à partir de panneaux photovoltaïques réparés et reconditionnés, et de batteries au plomb régénérées.

Un peu de lecture pour aller plus loin #

Principalement les études et ouvrages mentionnés ci-dessus :

  • Rotor : Déconstruction et réemploi, comment faire circuler les éléments de construction (véritable référence dans le domaine, éditée par les presses de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne)
  • Encore Heureux : Matière Grise (catalogue de l’exposition éponyme, édité par le Pavillon de l’Arsenal mais malheureusement épuisé)
  • Bellastock (avec l’ADEME et le CSTB) : REPAR #2, le réemploi, passerelle entre l’architecture et l’industrie (plus d’info et différents liens de téléchargement sur la page dédiée au projet du site de Bellastock)
  • L’Atelier Moins Mais Mieux : Autoconstruire en réemploi (édité et disponible chez Ulmer)
  • Le Mouvement pour une Frugalité Heureuse et Créative : Commune Frugale (édité et disponible chez Actes Sud)
  • La boîtes à outils de ressources, guides et méthodes produites dans le cadre du projet FCRBE (Facilitating Circulation of Reclaimed Building Elements in North Western Europe) disponibles en plusieurs langues et qui s’adressent à l’ensemble des acteurs de la filière (fiches de matériaux, livrets de vulgarisation, guide de rédaction de marchés publics, manuel de réalisation d’audit du potentiel de réemploi d’un bâtiment avant démolition, cahier des charges de label “truly reclaimed” garantissant le caractère “réemployé” d’un matériau, supports de formation à destination des professionnels, une exposition dédiée, une feuille de route à destination des organismes de réglementation, etc.)
  • Parce que la perspective de “patrimonialiser” un certain nombre de bâtiment et de paysage semble pouvoir les protéger de la démolition / destruction systématique, le dossier “Patrimonialiser l’habiter” coordonné par Federica Gatta et Alice Sotgia pour le réseau d’architectes LIEU

Les photos #


L’étude de cas #

Le détail de la documentation technique et socio-économique de cette enquête sera à retrouver dans l’étude de cas dédiée, qui reste à paraître.


Les (autres) enquêtes #

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